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1. Pratiques et logiques de coopération interinstitutionnelle
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Les enjeux démocratiques d'une pratique politique du "travail ensemble"
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Depuis le début des années quatre-vingt, notamment avec la décentralisation et la logique du moindre coût, l’exhortation à travailler ensemble, à produire du « partenariat » ou du « réseau » est devenue non seulement une constante de la rhétorique politique, mais plus encore un principe affirmé comme structurant et systématique de l’action publique. Si ce discours a effectivement été intégré très largement dans la société pour ses valeurs d’affichage (non seulement dans les politiques publiques, mais aussi au sein de l’entreprise, dans la publicité, dans la recherche, etc.), force est de constater d’abord l’écart béant entre les discours et la pratique. Force est de considérer, dans le même temps, l’effet de masquage et de reproduction par les professionnels eux-mêmes d’une indéfinition de l’objet et la logique relationnelle qui les engage (théoriquement). C’est ici qu’apparaît un enjeu multiple (pratique et épistémologique) de déplacement dans le rapport à l’objet. Enjeu qui implique la déconstruction de l’idéologie du consensus, dans laquelle la fétichisation du « partenariat » participe de l’empêchement des pratiques. Cet enjeu nécessite de recontextualiser et resubjectiver les processus relationnels. Cela implique en conséquence une logique de subversion de la commande publique de "travail ensemble" pour affirmer une exigence commune propre au groupe qui coopère. La coopération s'appuie ainsi sur des logiques conflictuelles et dialogiques pour situer l'exigence politique au sein de l'espace du travail, selon une logique de professionnalité. Cet enjeu suppose, parallèlement, d’analyser les structures d’action collectives dans leur élaboration commune. Apparaît alors le potentiel politique (démocratique, subversif ou encore régulateur) d’une professionnalité de la coopération.
Bibliographie Cette problématique a donné lieu notamment aux publications suivantes : - La coopération dans l'action publique. De l'injonction de faire ensemble à l'exigence de commun, éd. L'Harmattan, 2006, 328 p. - Du travail social au travail ensemble. Le partenariat dans le champ des politiques sociales, éditions A.S.H., 2001, 206 p. - « Lorsque l’événement raciste constitue la communauté éducative », in VEI-Diversité, n°150, septembre 2007. - « L’école et les autres, ou comment penser le partenariat », in Les Cahiers pédagogiques n°421, février 2004, pp.14-15, 25, 42. - « L’ère du « partenariat » ou l’idéologie du consensus », in Le détour, éd. Histoire & Anthropologie, n°1, 1er semestre 2003, pp.195-203.
On trouvera également dans la Docuthèque divers autres textes relatifs à cette problématique.
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2. Processus systémiques de discrimination
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De la coproduction à une professionnalité d'intermédiaire
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Longtemps occulté ou minoré au profit d’un « référentiel intégration » (qui revient en force aujourd’hui dans la rhétorique politique), le phénomène des discriminations ethnico-raciales reste largement dénié. Confondue avec le "racisme" ou encore avec une logique de "promotion de la diversité", cette question peine à s'affirmer comme nouveau référentiel politique. Ces différentes perspectives contribuent en effet à occulter le principe du Droit (de l'état de Droit) ainsi que sa référence pratique comme norme organisant le travail. La discrimination prend appui en particulier sur des processus de stigmatisation et d’ethnicisation des rapports sociaux et des relations sociales, dans une société de marché segmentée. Le phénomène s'inscrit au sein des logiques professionnelles et institutionnelles. Elle met d’abord en jeu les pratiques professionnelles quotidiennes et les logiques institutionnelles et actionnelles banales pour se (re)produire. En particulier, les systèmes de contraintes et les contradictions normatives qui structurent le travail (des acteurs de l’emploi, des policiers, des journalistes, des enseignants, des représentants syndicaux, etc.) "abrite" des espaces flous au sein desquels la discrimination s'organise, adossée à des procédures qui la masquent et la reproduisent en même temps. Cette approche située, qui identifie la discrimination à des configurations de travail, conduit à poser au cœur de la question de la prévention et de lutte contre les discriminations les modalités concrètes de co-construction du cadre de travail par les travailleurs eux-mêmes. Des procédures collectives de veille et de régulation, fondées sur une renégociation des normes en usage dans le travail offrent ainsi potentiellement un espace d'action. Celui-ci, prenant appui sur le Droit, peut influencer l'organisation du travail dans le sens de produire d'autres formes de justice et de régulation sociale.
Bibliographie Cette problématique a donné lieu à plusieurs publications : - « Contre la discrimination : résister à la “délocalisation”. Quelques réflexions tirées de l’expérience d’alda », (avec Jacqueline Girardat), in Ecarts d’identité n°112, juin 2008 - « De la discrimination du marché au marché de la discrimination. Les fausses évidences de la "lutte contre les discriminations" », in Mouvements, n°49, janvier-février 2007. - « Discrimination raciale dans l’accès à l’emploi : un obstacle majeur à l’intégration et une place mineure dans le débat public » (avec Olivier Noël), in Journal du Droit des Jeunes, n°182, février 1999, pp.40-42. - « Lutter contre les discriminations : du rapport Belorgey à une véritable politique », in Journal du Droit des Jeunes, n°187, septembre 1999, pp.19-22. - Les discriminations « raciales » dans l’accès à l’emploi des jeunes en Alsace, ORIV, Cahiers de l’Observatoire n°25, Strasbourg, nov. 1997, 128 p.
Voir aussi, dans la Docuthèque de l'Iscra, les divers travaux d'études ou d'expérimentations locales sur cette question.
Plus largement, sur la construction des images-stigmates (dans la presse, notamment) et sur l'entretien d'un imaginaire ethno-nationaliste qui justifie la discrimination, voir aussi nos travaux : - Liberté, égalité, communauté ? L'Etat français contre le "communautarisme", Paris, éd. Homnisphères, 2007. - « “Communautarisme”, une rhétorique communautaire de la guerre préventive ? », article à paraître dans un ouvrage collectif. - « L’émergence d’une figure obsessionnelle : comment le “communautarisme” a envahi les médias français », article à paraître. - « Commun, communauté(s), “communautarisme” : les frontières de la socia(bi)lité légitime », à paraître dans Mana n°18-19, novembre 2008. - « “Communautarisme” : l’imaginaire nationaliste entre catégorisation ethnique et prescription identitaire », in VEI-Diversité, n°150, septembre 2007. - « Violences urbaines et (re)présentations » (avec Luc Gwiazdzinski), in Hommes & Migrations, n°1209, septembre-octobre 1997, pp.101-107 - « La représentation de l’islam dans la presse alsacienne », in Abdoun K. et al (dir.), Histoires de mosquées, éd. Kalima, 2003.
Pour poursuivre Voir en particulier les travaux d’Olivier NOËL, dont la plupart sont accessibles dans la Docuthèque de l'Iscra.
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3. Catégorisations ethniques, discriminations et racisme à l'école
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Les transformations du travail scolaire à travers son ethnicisation
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"L'école de la République" peine à reconnaître les catégories ethnico-raciales, malgré des usages effectifs d'une grande banalité. Le tabou qui pèse sur la reconnaissance de l'ethnicité par l'Etat français concerne en premier lieu l'institution sanctuarisée qu'est l'école. Celle-ci se pense comme lieu protégé et lieu de protection des élèves, comme espace en quelque sorte artificiel par rapport à la vie sociale en général. Ce mythe de la protection contribue à occulter la réalité des rapports sociaux à l'école, et en particulier les processus de discrimination, de racisme et d'ethnicisation. Ces situations et processus ont tendance à être niées et occultés. Et s'ils sont reconnues à un niveau général, c'est pour être imputés aux élèves (ou aux familles) sans être pensées ni reconnus comme faisant partie intégrante de la production scolaire. Les pratiques concrètes évitent de "fixer" cette réalité, empêchant en même temps de pouvoir la travailler d'un point de vue éducatif. Ainsi, le racisme à l'école, la discrimination ethnico-raciale, ou plus généralement les pratiques d'ethnicisation sont virtualisées, en faisant disparaître son importance scolaire. Ce scénario de déni ou de dénégation de l'ethnicité - c'est-à-dire des usages des catégorisations ethniques - n'est pas sans conséquences sur le travail de l'école. A défaut de travailler les faits et les situations, pour les construire et en discuter l'interprétation, pour les réguler et réinventer des procédures collectivement valables de justice, cette occultation partagée contribue à intégrer la violence, l'arbitraire et l'ethnicisation dans le quotidien de l'expérience scolaire. On produit l'ethnicisation des rapports scolaires, tout en maintenant le tabou ; ce double discours devenant une norme partagée par les élèves. Cette situation accentue la souffrance professionnelle qui repose sur les contradictions de l'institution. Elle rend également l'école plus vulnérable et dépendante de logiques "extérieures" (par exemple dans la négociation sur des critères non-discriminatoires de placement en stage avec les entreprises). Elle réduit la dimension proprement éducative du travail scolaire. Et elle produit ainsi une violence tendanciellement sous-évaluée.
Bibliographie Cet axe de recherche et d'intervention a donné lieu à plusieurs travaux et publications : - Racisme, antisémitisme et "communautarisme" ? Manifestations publiques et significations sociales à l'école, ISCRA, Neuviller, juin 2006. La synthèse de ce travail est disponible dans la Docuthèque de l'Iscra. Ce travail a donné lieu à deux ouvrages : - Racisme, antisémitisme et "communautarisme" ? L'école à l'épreuve des faits, éd. L'Harmattan, 2007, 304 p. - Liberté, égalité, communauté ? L'Etat français contre le "communautarisme", éd. Homnisphères, 2007, 176 p. - La discrimination, de l'école à l'entreprise. La question de l’accès aux stages des élèves de lycée professionnel en région Lorraine, ISCRA, Neuviller, décembre 2006. - « L’école face à la discrimination raciale et au racisme : les logiques d’une inaction publique », à paraître dans un ouvrage collectif. - « Ecole et discrimination : une frontière intérieure », in Construire des pratiques éducatives locales, Lyon, éd. Chroniques sociales, 2008. - « Agir contre la discrimination : un défi et une opportunité pour l’école », in Rapport du GIPIV-Ville de Lyon sur la lutte contre la discrimination dans l’accès à l’éducation, 2007. - « “Communautarisme” : l’imaginaire nationaliste entre catégorisation ethnique et prescription identitaire », in VEI-Diversité, n°150, septembre 2007. - « Lorsque l’événement raciste constitue la communauté éducative », in VEI-Diversité, n°150, septembre 2007.
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4. Santé mentale, souffrance sociale : un espace intersticiel
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Repositionnements institutionnels et professionnels du travail social et de la psychiatrie
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La notion de santé mentale, définie globalement par l’Organisation Mondiale de la Santé, porte intrinsèquement les logiques d’une rupture paradigmatique avec ce qui fonde l’organisation des institutions et des professions du social et du sanitaire. Elle correspond à un effet radical d’ouverture des champs qui impose à chacun de converger vers un nouvel espace d’entre-plusieurs aux limites floues, appuyé sur un « paradigme-passerelle », par définition indéfini. L’irruption de cette question – notamment par le biais des « usagers » des services publics et des dispositifs d’insertion – génère des repositionnements, souvent caractérisés par une recherche de relations avec des tiers extérieurs jugés plus compétents, et presque toujours marqués par des mouvements de rigidification et de crispation « identitaire » redéfinies autour de frontières (elles-mêmes mises en mouvement, par exemple par la sectorisation de la psychiatrie publique). C’est que le déplacement conceptuel réinterroge les fondements des professions et les logiques des institutions. Au-delà des questions proprement institutionnelles, cette problématique prend corps sur les phénomènes d’évolution des publics reçus dans les services sociaux et sanitaires. Ce sont donc aussi les pratiques professionnelles qui doivent être interrogées, dans le sens de la construction d’espaces collectifs inter-institutionnels de redéfinition des compétences et de renégociation du sens.
Bibliographie Cette question a donné lieu à plusieurs travaux et publications : - RMI et psychiatrie : deux continents à la dérive ? L’interinstitutionnalité et le partenariat comme catalyseurs des questions d’identité du travail social et de la psychiatrie, L’Harmattan, 1997, 272 p. - « Enjeux et illusions d’un partenariat autour de la santé mentale », in Soins psychiatrie, n°204, septembre-octobre 1999, pp.20-22. - « La CMU, un carrefour de compétences », in Journal de l’AMIF, t.48, n°489, février-mars 2000, pp.11-12.
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