Perspectives rhizomatiques, Diffusion d'initiatives
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Haut les coeurs !
Lettres d'amoureux au ban public, présentées par Erik Orsenna, ed. La ville brûle, février 2015.
Dans ce recueil de témoignages, quatorze personnes racontent avec émotion comment leur amour a survécu à la confrontation quotidienne avec des politiques migratoires toujours plus restrictives, à des pratiques administratives discriminatoires, et à une constante suspicion de fraude.
La lecture de ces histoires vraies, préfacées par Erik Orsenna, est l’occasion de prendre conscience des difficultés à vivre librement son amour et sa vie de famille en France quand on est un couple franco-étranger.

Présentation complète : http://www.amoureuxauban.net/2015/01/28/haut-les-coeurs-lettres-damoureux-au-ban-public-parution-le-6-fevrier-2015/
Oui à la laïcité, non aux discriminations !
Appel à l’initiative des collectifs Mamans Toutes Egales (MTE), Sorties Scolaires : avec Nous ! et Toi plus moi plus ma maman
Nous femmes voilées interdites de sorties scolaires, mais aussi parents d’élèves, femmes, syndicalistes, politiques, militant-e-s associatifs, femmes et hommes politiques, intellectuel-le-s, citoyen-ne-s, lançons un appel pour le respect de la laïcité et la fin des traitements discriminatoires.

A l’heure où la France fait la Une des journaux du monde entier, où la patrie des droits humains est devenue la patrie du rejet des étrangers, des « autres », de toutes celles et de tous ceux qui ne correspondent pas à la norme dominante (blanc, homme, chrétien, riche…), nous lançons cet appel pour tenter un sursaut et faire émerger de l’intelligence, du désir d’être ensemble quelles que soient nos différences.

Parce que nous portons un foulard, nous n’avons pas le droit d’accompagner nos enfants aux sorties scolaires, mais nous avons le droit de nous présenter aux élections de délégués de parents d’élèves, nous avons le droit de siéger dans les conseils d’écoles, nous avons le droit de participer aux activités dans l’enceinte de l’école mais nous sommes surtout les bienvenues pour faire des gâteaux…

Nous ne pouvons pas trouver les arguments cohérents pour expliquer cela à nos enfants, sans parler des doutes et interrogations qu’ils vivent chaque jour face à l’exclusion de leur mère. Que penser à leur âge de la maltraitance subie par leur maman de la part de l’institution scolaire ?

Malgré la multiplication des agressions, des discriminations et des humiliations que nous subissons chaque jour devant nos enfants, nos voisins, les parents d’élèves, les enseignants, nous poursuivons nos mobilisations et nos actions pour que la laïcité, qui articule la neutralité des institutions et les libertés individuelles des citoyens, soit enfin respectée et appliquée.

Notre résistance face à toutes ces intimidations s’amplifie chaque jour afin de poursuivre notre but : citoyennes de ce monde, nous revendiquons l’égalité pour toutes. Nous exigeons l’arrêt des traitements discriminatoires.

Rien ne nous fera reculer, nous sommes déterminées à être présentes, engagées à part entière dans cette société, à l’école comme dans nos quartiers, au travail comme dans nos familles. Partout où nos droits sont bafoués.

Nous, signataires de cet appel, demandons l’abrogation de la circulaire Chatel, cette circulaire sexiste et islamophobe, ainsi que toutes les lois et circulaires discriminatoires qui l’ont précédée.

Islamophobie, Discriminations, Sexisme, Injustice, Inégalités, Stigmatisation : ça suffit !

Nous invitons les femmes, les parents d’élèves, la société civile, les journalistes, les intellectuels, les enseignants, les politiques, les mouvements féministes et les associations à nous rejoindre et à soutenir ce combat : celui de la laïcité, celui de l’égalité, à mettre fin à ces peurs sans cesse agitées favorisant la montée de l’extrémisme qui contribue à monter les populations les unes contre les autres.

Nous appelons à un rassemblement le mercredi 18 juin à 14h devant le ministère de l’éducation nationale afin d’exiger l’abrogation de la circulaire Chatel.

A l’initiative des collectifs Mamans Toutes Egales (MTE), Sorties Scolaires : avec Nous ! et Toi plus moi plus ma maman

Signataires : Clémentine Autain (Ensemble-FDG), Jean Baubérot (sociologue), Saïd Bouamama (sociologue), Alima Boumedienne (militante Ensemble), Houria Bouteldja (PIR), Hervé Bramy (PCF), Patrick Braouezec, (Ensemble-FDG), Félicien Breton (Militant Ensemble), Abdelaziz Chaambi (Coordination contre le racisme et l’islamophobie), Rabha Chatar (Toi Plus Moi Plus ma Maman) Sonia Dayan-Herzbrun (Présidente de la commission Islam et Laïcité, sociologue), Christine Delphy (sociologue), Fabrice Dhume (sociologue), Suzana Dukic (ISCRA) Rokhaya Diallo (journaliste), Joss Dray (photographe), Didier Fassin (anthropologue), Anissa Fathi (MTE), Benoît Géraud (militant Ensemble), Nacira Guenif (sociologue, anthropologue), Samir Hadj Belgacem (doctorant en sociologie), Françoise Lorcerie (politologue), Noël Mamère (député, Europe Écologie Les Verts), Mohamed Mechmache (AC le Feu), OcéaneRoseMarie (comédienne, auteure, compositeure), Christine Poupin (porte-parole du NPA), Olivier Noël (sociologue), Ndella Paye (MTE), Mohamed Rouabhi (comédien, metteur en scène), Sylvie Tissot (politologue), Michèle Beaubérot (orthophoniste à la retraite), Raphaël Liogier (universitaire), Joël Roman (philosophe), Pierre Tévanian (enseignant), Valentine Zuber (historienne EPHE)

Associations : Mamans Toutes Egales, Sorties Scolaires Avec Nous, Toi Plus Moi Plus ma Maman, Mon Enfant l’Ecole et Moi, ARDLFM (Association pour la Reconnaissance des Droits et Libertés aux femmes Musulmanes), CFPE (Collectif des Féministes Pour l’Egalité), Collectif Les mots sont importants, Commission féministe du NPA, Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie, Militants du Front de Gauche Contre l’Islamophobie, Parti des Indigènes de la République, Sortir du Colonialisme, UJFP, 8 Mars pour Toutes, Femmes en lutte…
Discriminations, diversité et politiques anti-discriminatoires (2014/2015) Université Paris 8 Département de sciences politiques Année universitaire 2014/2015
Master 1, semestre 2
Discriminations, diversité
et politiques anti-discriminatoires

Coordination du cours :
Sylvie Tissot (Université Paris 8), Fabrice Dhume (ISCRA)

Présentation complète :
http://www.science-politique.univ-paris8.fr/discriminations-diversite-et-politiques-anti-discriminatoires-sylvie-tissot-m1-semestre-2
Vies et morts des rapports
Une sociologie immédiate des rapports à visant à "refonder la politique d'intégration" sous le gouvernement Ayrault
Mardi 11 mars 2014, 17h-20h
Salle des conférences
Séminaire exceptionnel co-organisé par le CSU et le LabToP
Lieu : CRESPPA (CNRS-UMR7217),
59-61 rue Pouchet, 75017 Paris

Tous les détails dans la pièce jointe.
Télécharger le document : Affiche séminaire CSU-LabTop.pdf (112 ko)
Femmes des quartiers populaires. En résistance contre les discriminations
ED. Le temps des cerises, 2013.
Présentation de l'éditeur :
"Ce livre est le fruit d’un travail mené par Zouina Meddour (chargée de mission, « lutte contre les discriminations ») et Saïd Bouamama (sociologue) avec un groupe de femmes des quartiers populaires du Blanc-Mesnil qui s’expriment à la première personne : « Nous sommes près d'une trentaine, d’origines plurielles, et avons de trente à soixante-quinze ans. Nous venons des quatre coins de la ville de Blanc-Mesnil et sommes représentatives de l'ensemble de sa population. »
Ces rencontres menées durant deux ans ont abouti à l’écriture collective d’un livre sur leurs conditions de vie, leurs propositions pour sortir de l’impasse des discriminations… Comme le souligne Didier Mignot, maire du Blanc-Mesnil, dans sa préface, « il est tellement rare de nos jours de donner la parole aux habitants des quartiers populaires. Elle est, le plus souvent, confisquée au profit de représentations médiatiques qui figent les identités et occultent la réalité quotidienne de centaines de milliers d’habitants. »
L’ouvrage est illustré de photographies en noir et blanc représentant ces femmes et leurs luttes."
Le compte-rendu de Mediapart
Télécharger le document : médiapart-femmes-des-quartiers-populaires.pdf (661 ko)
Contre le racisme, devoir d'insolence
Petition de soutien
Le rappeur Saïdou du groupe Z.E.P (Zone d’expression populaire) et le sociologue et militant Saïd Bouamama ont été mis en examen pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » sur une plainte de l’Agrif, un groupe d’extrême droite nostalgique de l’Algérie française. En cause, un ouvrage et une chanson du même nom, Nique la France, qui assènent en refrain :

« Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes / Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes. »

Comme des millions de gens à travers le globe ces dernières années, les deux auteurs ont attaqué le colonialisme et le système capitaliste et impérialiste. Comme beaucoup d’entre nous, ils dénoncent une idéologie toujours très en vogue : le racisme, sous ses formes les plus courantes mais aussi les plus décomplexées. Comme de nombreux habitants des quartiers populaires, ils ont crié leur colère contre les inégalités, les discriminations et la justice à double vitesse.

S’inscrivant dans une longue tradition pamphlétaire des artistes engagés en France contre l’État français, du « nation de porcs et de chiens » d’André Breton au « le temps que j’baise ma Marseillaise » de Léo Ferré en passant par le « je conchie l’armée française » d’Aragon ou le « votre République, moi j’la tringle » de Renaud, Saïdou et Saïd Bouamama ont choisi d’assumer leur « devoir d’insolence » afin d’interpeller et de faire entendre des opinions qui ont peu droit de cité au sein des grands canaux de diffusion médiatique.

Mais voilà, cela dépasse, choque et insupporte qu’une telle parole puisse être portée, d’autant plus quand elle l’est par ceux qui subissent en premier lieu les politiques racistes et antisociales. Lorsque des Noirs ou des Arabes font le choix de sortir de l’invisibilité et du mutisme afin de décrire la réalité telle qu’elle est – violente, inégale et destructrice – la droite extrême, l’extrême droite ou encore l’État s’emploient à tenter de convaincre l’opinion publique de l’illégitimité de ces discours.

NTM, Sniper, Ministère Amër, Mr. R, La Rumeur, Youssoupha ou Houria Bouteldja sont autant de rappeurs et militants attaqués ces dernières années pour des paroles jugées trop irrévérencieuses. Pourtant, tous n’ont fait que porter publiquement l’expression populaire du rejet des discriminations et de la stigmatisation des quartiers populaires, des Noirs, arabes et musulmans.

En signant cette pétition, nous exigeons que les poursuites contre Saïdou et Saïd Bouamama soient abandonnées. D’accord ou pas d’accord avec les propos et les formulations incriminés, nous défendons leur droit de les tenir. L’extrême droite veut interdire le droit de chanter la révolte, imposons le droit de l’exprimer sans entraves.

Comité de soutien Devoir d’insolence

Pour signer la pétition :
http://petition.lesinrocks.com/devoirdinsolence/
Testing : avancées et limites d'une méthode
Par Eric Cédiey (ISM-Corum)
A partir de l'expérience de l'enquête par test de discrimination conduite sur la France en 2006 par ISM-Corum pour le bureau International du Travail et le Ministère de l'emploi, et à partir de l'exemple des autres testings scientifiques, Eric Cédiey, ouvre une discussion plus générale sur la portée et les limites de cette technique de mesure.

ISM-Corum poursuit la réflexion en organisant le 22 octobre prochain à l'ENS Science de Lyon un colloque portant sur la mesure des discriminations en France (plus d'informations sur le site d'ISM : http://www.ismcorum.org).
Problématique :
Discrimination(s)
Testing : Avancées et limites d'une méthode, par Eric Cédiey.
Télécharger le document : communication Cédiey.pdf (41 ko)
La main d'oeuvre algérienne dans l'industrie automobile (1945-1962), ou les oubliés de l'histoire
Laure Pitti, historienne
L'OS algérien du secteur automobile est la figure emblématique du "travailleur immigré". La trajectoire de cette main d'oeuvre, à qui cette industrie doit son essor dès les années cinquante, est indissociable de son statut de main d'oeuvre coloniale. L'usine de Renault Billancourt en est un exemple typique.

Cet article a paru dans le numéro 1263 de la revue Hommes et Migrations, "Immigration et marché du travail : un siècle d'histoire" et dans l'ouvrage coordonné par Aïssa Kadri et Gérard Prévost Mémoires algériennes. Hommage à Abdelmalek Sayad, Paris, Syllepse, 2004.
Télécharger le document : 1263-p47-57.pdf (309 ko)
Entre le modèle républicain de l’intégration et le modèle libéral de promotion de la diversité : la lutte contre les discriminations ethniques et raciales n’aura t-elle été qu’une parenthèse dans la politique publique en France ?
Auteur :
Olivier Noël
Problématique :
Discrimination(s)
Ce texte reprend l'intervention présentée lors du colloque CASADIS le 8 novembre 2006 à Montreuil.
Télécharger le document : Lutte contre les discriminations et et promotion de la diversité.pdf (269 ko)
Une inégalité inscrustée : les discriminations raciales dans le champ de l'emploi et du travail
Auteur :
Olivier Noël
Problématique :
Discrimination(s)
Ce court article de synthèse dégage quelques axes forts des travaux de recherche conduits depuis une quinzaine d'années par Olivier NOËL sur la question des discriminations ethniques et raciales dans le champ de l'emploi et du travail. Les lecteurs intéressés peuvent poursuivre sa lecture en consultant les travaux référencés dans les pages "publications" et "docuthèque" de ce site.

Cet article a été initialement mis en ligne sur le site www.saphirnews.com
Télécharger le document : Article Olivier NOËL Saphirnews.pdf (123 ko)
La discrimination positive
Gwénaële Calvès
Problématique :
Discrimination(s)
Ce texte reprend l'interview de Gwénaële Calvès publiée dans le quotidien local "L'Hérault du jour" en juillet 2006.

Gwénaële Calvès, professeur de droit public à Cergy et spécialiste des politiques d'égalité, revient sur la définition de la discrimination positive et ses différentes application dans le monde (Afrique du Sud, USA, Inde), et donne son avis sur la possible mise en oeuvre de mesures positives en France.
Télécharger le document : QUESTIONS à Gwénaële Calvès.pdf (87 ko)
Tous co-producteurs de silence
Un reportage d'Aurélien Bertini réalisé lors des assises nationales du FASILD le 26 septembre 2006 (en téléchargement gratuit).

- Enregistrement (17 Mo)
Penser la notion de race, un défi
Lise Gaignard
Problématique :
Racisme
Penser la notion de race, un défi :
Le concept de race nécessite le maniement d’une sémiologie du négatif.



La naturalisation, qui produit les notions de race ou de genre, serait une des figures de l'occultation de l’extorsion de travail, qui empêche de penser, de réagir, elle serait la condition du maintien des rapports d'exploitation. Les figures d’occultation ne sont accessibles que sous des figures inversées, confuses, ou biaisées.
Les figures du négatif (déni, dénégation, isolation…) instruites par la psychanalyse ainsi que le concept d’idéologie défensive de métier, instruit par la psychodynamique du travail, permettraient d’analyser ces logiques naturalisantes et ainsi défaire les évidences de la domination.
Télécharger le document : Penser la notion de race, un défi L. Gaignard.pdf (211 ko)
Pour en finir avec l'impasse de la rhétorique de l'intégration
Témoignage de Sadia GROGUHE
Si nous essayons de changer de paradigme, il y a fort à penser que l'on pourra changer de point de vue. En réalité je ne suis pas « intégrée en France, mais j'y suis née ». Il y a mon Origine et mon Etat Civil ; mon identité s'est construite à la fois par ma filiation et mon appartenance à la Société dans laquelle j'évolue. La perte de l'un ou de l'autre peut conduire à un « défaut d'identité », et non seulement à un « sans papiers ». Ce qui me différencie ne devrait ni m'exclure, ni m'opposer mais me singulariser. « Je ne suis pas intégrée en France, mais j'y suis née". Cependant j'y suis pour la plupart du temps discriminée. Ce qui est fait pour me singulariser m'exclut en réalité. Il y a une responsabilité à la fois collective et individuelle de ces phénomènes d'exclusion et de discrimination, car chacun de nous a la responsabilité collective de ce mal qui ronge notre société. C'est pourquoi j'ai souhaité élever ma voix contre toute forme de sectarisme qui enferme. Plus qu'un cri de colère, c'est d'un cri du cœur qu'il s'agit, car bien plus que la pensée, le cœur nous permet de voir en l'autre non seulement un étranger, mais un autre « soi-même ». Je remercie l'ISCRA pour m'avoir laisser cette tribune, Olivier Noël en particulier.

Sadia Groguhé, novembre 2004.

L'équipe d''ISCRA-Méditerranée a souhaité rendre public ce témoignage qui nous a beaucoup touché car il fait écho à nombre de nos travaux de recherche et au silence assourdissant des discriminations quotidiennes qui minent chaque jour un peu plus notre société. Merci donc à Sadia Groguhé pour son témoignage qui nous l'espérons et le souhaitons, donnera envie à d'autres de prendre la parole.
Télécharger le document : Témoignage Sadia Grog#56069.pdf (94 ko)
Crise d'adolescence
Sadia GROGUHE
Problématique :
Discrimination(s)
Depuis Août dernier, Sadia Groguhé qui témoignait dans les colonnes de l'ISCRA en 2004, s'est intallée avec sa famille à Montréal. Ce choix de s'émigrer au Canada a été conditionné par le blocage de la carrière professionnelle de son mari par le "plafond de verre" que décrivent si bien Martine Delumeau ou encore Yasmina Benguigui dans leurs films documentaires respectifs ("Les gueules de l'emploi" et "Le plafond de verre". Vive la "lutte" contre les discriminations à la française !

Ce texte a été écrit en 2001. Il fait écho aux évènements survenus en novembre 2005 dans les banlieues françaises car la crise d'adolescence que décrit Sadia GROGUHE, ce moment de fragilité, interpelle la société et nous interpelle.

Nous faisons le choix de publier ce texte de témoignage car nous nous refusons de saisir les évènements récents, comme nombre d'observateurs et intellectuels, comme un simple moment d'opportunité médiatique ou d'intellectualité immédiate. Nous faisons, à travers nos Univers-Cité des Savoirs Impliqués et nos travaux de recherche actuels, le choix de construire une réflexion et un processus de partage qui s'inscrivent dans la durée.
Télécharger le document : Sadia GROGUHE \"Crise #93FDC.pdf (131 ko)
Syndicats et collectifs face à la précarité
Evelyne PERRIN
(Communication au colloque "Syndicats et associations en France, concurrence ou complémentarité" organisé par le CNRS-Centre d'Histoire Sociale du XXe siècle, novembre 2004)

Evelyne PERRIN est chargée de mission au ministère de l'Equipement où elle anime depuis plusieurs années des programmes de recherche à l'interface de l'évolution des territoires et des mutations du travail. Elle a, en particulier, coordonné avec Nicole Rousier l'ouvrage Ville et emploi, le territoire au coeur des nouvelles formes du travail, éd. de l'Aube, 2000.

Par son engagement à AC! et au réseau Stop précarité, Evelyne PERRIN a cotoyé étroitement les chômeurs militants et les salariés précaires, en particulier lors des luttes dans la restauration rapide et dans le commerce ou encore lors des luttes des emplois-jeunes. Sa posture d'observatrice-impliquée lui permet d'étudier ces luttes de l'intérieur et de donner toute sa mesure aux débats sur la précarité qui traversent tant les syndicats que les collectifs. Elle vient de présenter les résultats de ses recherches dans un ouvrage récent ; Chômeurs et précaires au coeur de la question sociale, éd La dispute, 2004.


Syndicats et collectifs face à la précarité

L'auteure interroge la position des principaux syndicats (CGT, SUD, CFDT...) face à la précarisation rampante du salariat. Elle ne le fait pas uniquement à partir de leur déclaration ou de leur orientation mais, surtout, à partir de leur pratique effective, telle que l'auteure a pu les observer dans les luttes auxquelles elle s'est associée.
Elle interroge également les nouveaux outils que se donnent les précaires : collectifs, coordinations et comités de soutien, que ce soit dans le secteur de la restauration rapide (Mc Do, Pizza Hut...), de l'hôtellerie (femmes de ménage de l'Hôtel Arcade), du nettoyage, lors du mouvement des emplois-jeunes ou des intermittents du spectacle.
Ces collectifs ou comités doublent-ils le travail des syndicats, s'y substituent-ils ou lui servent-ils d'aiguillon ? Y-a-t-il concurrence ou complémentarité entre ces deux formes d'organisation et de lutte ?
Evelyne Perrin analyse les luttes et leur structuration en les reliant systématiquement au nouveau régime capitaliste et aux mutations actuelles du travail : création de valeur hors des murs de l'entreprise, mobilité d'une entreprise à l'autre, d'un secteur à un autre, chômage qui n'est pas vécu comme une situation étanche...
La force de ce texte tient à la fois à la posture d'observatrice impliquée de l'auteure (elle n'observe pas en surplomb des luttes qui ne la concerneraient que théoriquement) et à ce lien toujours maintenu entre lutte, organisation et mutation de la force de travail (l'auteure ne traite pas les luttes comme des objets désincarnés mais comme des constructions collectives indissociables d'une expérience contemporaine du travail).
Télécharger le document : EP_syndicats.pdf (141 ko)
Un souffrance qu'on ne peut plus cacher
Antoine LAZARUS
Antoine LAZARUS est Professeur en santé publique.

En 1993, à l'initiative de la Délégation Interministérielle à la Ville (DIV) et de la Délégation Interministérielle au RMI (DIRMI), il est invité à animer un groupe de travail "Ville, santé mentale, précarité et exclusion sociale". Ce groupe, qui s'est réuni de novembre 1993 à fin 1994, a travaillé sur la souffrance sociale qui s'exprime ou se manifeste en particulier au niveau des intervenants sociaux. Il revient ainsi sur la notion de "souffrance psychique", alors en train de s'imposer dans les politiques publiques. Le rapport qui en est issu, en février 1995, est intitulé "Une souffrance qu'on ne peut plus cacher." Il fait en effet apparaître, en creux de la question posée, une sorte d'"objet caché", qui fait miroir de la question de la souffrance sociale : la souffrance des professionnels.
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