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"Communautarisme" : l'imaginaire nationaliste
entre catégorisation ethnique et prescription identitaire
Auteur :
Fabrice Dhume
Problématique :
Imaginaire politique
Cet article a été publié sous le titre « “Communautarisme” : l’imaginaire nationaliste. Entre catégorisation ethnique et prescription identitaire » dans le dossier sur la « communauté éducative » de la revue VEI-Diversité n°150, pp.85-90. Il s’attache à analyser les usages et l’histoire de la notion de “communautarisme”, apparue récemment dans les discours publics français. Il montre que cette notion a différentes caractéristiques : elle remet en scène l’imaginaire mythique d’un combat entre Civilisation et Barbarie ; elle naît dans un contexte historique où elle exprime en particulier un amalgame entre islam et terrorisme, organisant par réaction les discours publics autour d’une logique sécuritaire, de l’ordre de la Raison d’Etat et de l’Etat d’urgence ; ce faisant, elle fonctionne à la façon d’une stigmatisation des minorisés, redessinant les frontières d’un ennemi intérieur-extérieur. Contrairement aux discours publics qui font de cette catégorie la marque des minorisés, ce texte propose de la comprendre comme une figure typique du référentiel d’intégration. Elle représente plutôt la contre-face idéologique interne à ce modèle (et non son antithèse en pratiques), née quasiment en même temps que s’est historiquement formulé le référentiel politique, au tournant des années 1990. Cela permet de voir que « communautarisme » est le nom générique d’un système de peurs, qui se soucie peu de la réalité des pratiques, et qui permet de forcer une interprétation nationaliste de la situation politique contemporaine.
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Lorsque l’événement raciste constitue la communauté éducative
Auteur :
Fabrice Dhume
Problématiques :
Questions scolaires
Racisme
Cet article a été publié sous le titre « L’“événement” raciste » dans le dossier sur la « communauté éducative » de la revue VEI-Diversité n°150, pp.159-165. Il propose une lecture critique de la conception institutionnelle de la « communauté éducative », en montrant que cela maintient la question dans une approche en termes de représentation formelle et d’assignation de places. Pour approcher la façon dont une communauté éducative peut émerger, une approche constituante s’attache plutôt aux processus relationnels à travers lesquels des problèmes éducatifs communs émergent, et comment ils transforment l’ordre des relations et du travail.
En travaillant sur la problématique du racisme à l’école, il apparaît que certaines situations caractérisées par un événement d’ordre raciste peut réunir les conditions de possibilité de constitution d’une communauté éducative. En effet, la réponse habituelle de l’institution scolaire aux faits de racisme est insuffisante à le réguler, et le surgissement d’un événement oblige les différents acteurs à refaire un accord commun et à réinventer des relations sociales régulatrices, redistribuant au passage – bien que temporairement - les places des uns et des autres : enseignants, élèves, parents, etc.
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Racisme, antisémitisme et "communautarisme" ?
L'école à l'épreuve des faits
Auteur :
Fabrice Dhume
Problématiques :
Imaginaire politique
Questions scolaires
Racisme
Préface de Françoise LORCERIE
éd. L'Harmattan, 2007
(ISBN 978-2-296-04006-9)

L’école est-elle submergée par le racisme et l’antisémitisme ? Est-elle la proie et la victime de "dérives communautaristes" ? Entre l’interprétation des statistiques ministérielles et les fictions catastrophistes de l’après-11 septembre 2001, l’école publique fait l’objet d’une attention inquiète.
Nombreux sont ceux qui s’interrogent, face aux signes manifestes d’une ethnicisation des relations sociales à l’école, mais aussi face à des évènements qui font disparaître les faits derrière une surinterprétation médiatique. Que se passe-t-il vraiment ? Les grilles de l’école et les valeurs républicaines sont-elles un rempart suffisant face à la Barbarie ou cachent-elles à leur corps défendant les signes annonciateurs de la Catastrophe ?
Pour la première fois en France, une étude armée par les méthodes des sciences sociales traite de ce qui se passe à l’école en fait de racisme. Elle tente de comprendre et de mettre en relation ce qui est signalé comme racisme par les autorités scolaires, ce qui est perçu et traité par les enseignants et les équipes, et ce que les élèves vivent du racisme à l’école.
Se penchant sur les faits et sur leur construction, en croisant les interprétations, cet ouvrage donne à voir la complexité et l’ambivalence des processus à l’œuvre. Car les faits de racisme à l’école parlent aussi du fonctionnement de l’école. Et la possibilité d’agir contre le racisme à l’école dépend aussi de la capacité à transformer les rapports sociaux et éducatifs au sein de celle-ci.
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Liberté, égalité, communauté ?
L'Etat français contre le "communautarisme"
Auteur :
Fabrice Dhume
Problématique :
Imaginaire politique
Ed. Homnisphères, 2007, 176 p.
ISBN : 2-915129-17-7

La France est-elle menacée d’éclatement ? La force obscure de la division est-elle au travail, minant les fondations de la République française ? Le climat actuel, qui se reflète dans les discours publics, ne laisse pas l’ombre d’un doute sur la réponse à ces questions. La Démocratie, la Raison, l’Etat, la Nation, etc. seraient, entend-on dire, autant de « valeurs » en voie d’extinction.
Mais où est la menace ? Ou plutôt : qui constitue la menace ? Car, après tout, la menace doit bien avoir un visage. Sans que cela ne soit une réponse implicite à cette question, remarquons que la force obscure porte désormais un nom, depuis que les politiques publiques ont identifié, dans le “communautarisme”, un nouvel objet d’action.
“Communautarisme”… ? Mais qu’est-ce donc que cette idée aux contours flous, qui s’est imposée telle une évidence en moins de dix années ? Que nous dit ce mot de l’état de la société française, et de la façon dont celle-ci se pense ? Que produit, aussi, cette catégorie improbable qui s’impose comme un nouveau champ de « lutte » pour l’Etat ?
Cet ouvrage propose de comprendre d’où vient et ce que produit cette nouvelle catégorie des politiques publiques. Car, à travers même les discours passionnels qui font du “communautarisme” le nom générique d’un ennemi d’Etat, se dessinent des tendances d’avenir pour une société qui construit, à toute force, le « choc des civilisation » qu’elle prétend pourtant éviter.
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La discrimination, de l'école à l'entreprise
La question de l’accès aux stages des élèves de lycée professionnel en région Lorraine
Auteur :
Fabrice Dhume
Problématiques :
Discrimination(s)
Questions scolaires
Cette étude (réalisée avec la collaboration de Nadine Sagnard-Haddaoui) s’attache à comprendre les phénomènes de discrimination qui peuvent avoir lieu dans le processus d’accès aux stages des élèves, en particulier ceux de Lycées professionnels. Pour l’école (comme d’ailleurs pour l’entreprise), s’intéresser à la discrimination veut dire s’intéresser à des questions de normes. Aux normes qui organisent effectivement les pratiques, et en l’occurrence, à l’ethnicisation éventuelle des normes scolaires ; mais aussi, aux décalages de normes entre le « programme institutionnel » et les pratiques qui font l’école au quotidien, ou entre les normes prescrites et réelles, etc.
Avec la discrimination, il s’agit donc de comprendre comment la norme juridique, qui devrait en principe constituer un socle pour tout autre registre normatif, soit si peu prégnante dans les usages ? Qu’est-ce que cela nous dit des normes en usage, et des logiques qui organisent en réalité et de fait l’école (ou l’entreprise) ? Raisonner de la sorte appelle à traiter la question de l’accès au stage dans la relation entre l’école et l’entreprise. Il faut comprendre dans quelles conditions et à quelles conditions s'organise la rencontre entre ces deux mondes, et ce que la discrimination vient y produire mais aussi y signifier.

Cette étude a été réalisée dans le cadre du projet Equal Talent, pour le compte du rectorat de l'académie de Nancy-Metz et de la direction régionale Fasild-Acsé de Lorraine.
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De la discrimination du marché au marché de la discrimination
Les fausses évidences de la « lutte contre les discriminations »
Auteur :
Fabrice Dhume
Problématique :
Discrimination(s)
Cet article, initialement écrit pour un numéro de la revue Raison présente sur les discriminations, jamais paru, a finalement été publié dans la revue Mouvements n°49, janvier-février 2007, pp.128-136.

Il interroge, à partir d’un exemple détaillé, la façon dont le marché public de la lutte contre la discrimination se constitue en intégrant et en reproduisant les logiques et les critères mêmes de la discrimination. Le marché de la discrimination s’appuie en effet sur le référentiel de l’insertion et de l’intégration, qui organise la logique discriminatoire et la justifie. Si la logique de marché produit tendanciellement de la discrimination, la structure de ce marché spécifique rend visible la contradiction interne à une action publique organisée autour de la logique gestionnaire des problèmes sociaux. Une action publique contre la discrimination ne peut porter ses fruits qu’à la condition que la norme soit reconstruite collectivement et localement, en situation, à travers un processus qui conflictualise les tensions internes à l’action publique, et en particulier à l’action des intermédiaires de l’emploi.
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La coopération dans l'action publique
De l'injonction de faire ensemble à l'exigence de commun
Auteur :
Fabrice Dhume
Problématique :
Interinstitutionnalité et travail ensemble
Ed. L’Harmattan, 2006, 320 p.
ISBN : 2-296-01368-6

L’évolution du travail fait désormais appel à la coopération entre professionnels, à la créativité des travailleurs, à leur implication. A la suite de l’entreprise, les pouvoirs publics n’ont de cesse d’exiger du “partenariat” ou du “réseau”, pour “retisser le lien social” et dépasser les “cloisonnements” institutionnels et sectoriels.
Cela ne va pourtant pas de soi. Force est de constater que l’injonction sied mal à la coopération. L’injonction tend à vider de sa substance ce qu’elle appelle de ses vœux. Et cela, malgré le fait qu’elle fasse écho à une exigence et un désir d’être-en-commun et de renouvellement de la politique.
Quelque chose résiste donc. Avec une sorte d’obstination, le désir de coopération excède l’injonction : il signifie un désir de puissance et de transformation du monde social. La coopération est en effet aussi le rêve d’un autre monde possible. Le processus de coopération s’inscrit donc dans une tension qui en rend l’issue largement incertaine et le résultat toujours fragile.
Comment s’organisent ces logiques contradictoires ? Comment les sujets de ces situations mettent au travail leur désir de démocratie et font valoir d’autres formes de production ? Y arrivent-ils seulement ? Cet étude-essai tente de répondre à ces questions, en s’appuyant sur plusieurs expériences très différentes : une fédération de Centres sociaux, un réseau santé-social, un projet de partenariat sur un quartier de la politique de la ville.
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Racisme, antisémitisme et “communautarisme”
Manifestations publiques et significations sociales à l’école
Auteur :
Fabrice Dhume
Problématiques :
Questions scolaires
Racisme
"L’enjeu de cette étude est d’interroger les significations de ce qui est perçu, aux yeux des pouvoirs publics au niveau national, comme une « recrudescence des conflits interethniques », et en particulier ceux « ayant des connotations religieuses ». À cette fin, nous considérons d’abord les trois termes formant l’intitulé de ce travail – racisme, antisémitisme et “communautarisme” - comme des catégories, qui construisent les faits sociaux en problèmes publics. Plus particulièrement, pour “communautarisme”, il nous faut comprendre comment s’est historiquement imposée cette catégorie, qui n’a évidemment pas une consistance équivalente aux deux autres. Acceptant a priori les qualifications spontanées, nous cherchons à comprendre comment s’élaborent et s’articulent : une sélection de faits ; une construction de la visibilité publique de ceux-ci ; et l’attribution de significations sociales.
Le terrain d’investigation est une dizaine d’établissements scolaires dans la région Alsace - soit deux espaces spontanément et fréquemment associés, dans les discours publics, à ces catégories : racisme, antisémitisme et “communautarisme”. L’étude combine plusieurs matériaux, parmi lesquels une centaine d’entretiens avec des élèves et des professionnels de l’école, une analyse documentaire (notamment des signalements à l’Inspection académique), de l’observation participante au sein d’établissements scolaires ou de manifestations relatives au racisme, et une analyse de la presse afin d’historiciser la catégorie “communautarisme”. L’enquête s’est déroulée de février 2005 à avril 2006.
Cette recherche a été réalisée pour le compte du FASILD, dans le cadre de son programme national d'études, en lien avec le Ministère de l'Education nationale.
Il s'agit ici de la synthèse de ce travail.
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Les discriminations raciales à l’emploi
Une synthèse problématique des travaux
Auteur :
Fabrice Dhume
Problématique :
Discrimination(s)
"Cette synthèse de la « littérature grise » en France porte spécifiquement sur la question des discriminations dans l’accès à l’emploi et dans le travail. Elle exclut les travaux portant sur les processus de discrimination dans d’autres domaines d’activité ou de services, tels que l’accès au logement, les rapports avec la police, l’accès aux biens et services culturels ou de loisirs, la discrimination dans le travail social et l’accès aux services publics, etc.
C’est dire, d’emblée, que l’approche des processus de discrimination souffre d’un prisme qui en construit une image très déformée : en organisant la compréhension du phénomène selon une scission en domaines d’activités sociales, on ne suit pas une division propre aux discriminations. On impose, au contraire, une grille de lecture qui est d’abord une grille institutionnelle voire administrative d’appréhension de la réalité sociale. Cette séparation n’est pas dénuée de répercussions sur notre compréhension du phénomène, et aussi sur nos capacités d’action. En effet, en raisonnant de la sorte, nous faisons comme si les discriminations se produisaient à certains endroits et à certains moments ; comme si les actes que l’on constate ici ou là étaient séparables d’une compréhension plus large du fonctionnement de notre société ; comme si, surtout, les personnes subissant la discrimination ne subissaient qu’ici ou là, et ponctuellement, cette forme d’humiliation et de déni d’humanité. (...)"
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"Discrimination : agir et réagir"
Enquête par questionnaire conduite par la Mission locale de Rennes
Auteurs :
Olivier Noël
Suzana Dukic
Problématiques :
Accès aux droits
Discrimination(s)
Dans ce cadre de ce projet, un questionnaire auto-administré a été diffusé auprès de jeunes « captifs » bénéficiant d’une formation dans le cadre d’une POP (Prestation d’Orientation Professionnelle) ou d’une PPAE (Prestation Préparatoire à l’Emploi) entre septembre 2004 et juin 2005 au sein de la mission locale de Rennes. Au total, ce sont 186 questionnaires qui ont ainsi été recueillis.
Le principal résultat de l’enquête vient souligner que 40,3 % des jeunes enquêtés pensent avoir été victimes de discrimination contre 56,5% de jeunes qui ne le pensent pas et 3,3% de non-réponse.
L’emploi est, selon les jeunes enquêtés, le principal champ où s’exercent les pratiques discriminatoires : 31,7% des jeunes enquêtés pensent avoir été victimes de discrimination dans le champ de l’emploi contre 26,3% de jeunes qui pensent l’avoir été dans l’accès à un lieu particulier (données cumulées : camping, commerce, discothèque et autre lieu) et 15,6% dans l’accès à un logement.
Les critères discriminatoires définis par la loi du 16 novembre 2001 tels l’origine, l’appartenance ou la non-appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation ou une race sont dans certains utilisés par fois de manière tout à fait explicite par des employeurs qui commettent de fait un délit.
En conséquence, les vécus de discrimination (qu’elles soient effectives ou non) sont intéressants à prendre en compte pour eux-mêmes, pour leurs effets sur les conditions d’insertion des jeunes dans la société. En l’absence de réparation, les humiliations, frustrations, vexations et disqualifications qui accompagnent les pratiques discriminatoires, risquent de bloquer durablement toute dynamique d’insertion.
Au-delà de l’écoute active, il paraît donc indispensable de réfléchir aux conditions d’une plus grande accessibilité au droit. Si nous pouvons souligner que les jeunes enquêtées donnent des témoignages suffisamment explicites (les entreprises incriminées sont souvent citées) pour ne point douter de leur réalité, la mobilisation de la solution juridique est exceptionnelle voire inexistante. Pour autant, le phénomène de non-recours au droit ne peut se contenter de « raisons individuelles relevant principalement d’une analyse comportementale » (WARIN, 2003) imputant de fait aux seuls jeunes la responsabilité d’une absence de mobilisation du droit. Cette question interpelle directement la Mission Locale qui doit «informer les jeunes sur leurs droits et leurs devoirs » afin « de favoriser la prise de conscience par les jeunes de leurs droits » (Circulaire DGEFP n°2004-24 du 18 août 2004).
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